Art & Culture

De l'électricité dans l'air à la Maison Rouge

Le néon ébloui le passant mais pas seulement. Il éclaire nos musées. Quelques années après son invention en 1912, les artistes comme Kosice ou Fontana se l'approprièrent et firent du fameux tube phosphorescent de véritables oeuvres d'art. La Maison Rouge consacre sa nouvelle expo au néon dans l'art des années 40 jusqu'à aujourd'hui. Que la lumière fût!

Le saviez vous? Le néon a été inventé en 1912 par le chimiste français Georges Claude. Breuveté seulement en 1923 aux Etats Unis, il fut rapidement adopté pour les usages domestiques et surtout publicitaires. Car si le néon est détestable dans une salle de bain, il captive les rues et réveille les nuits.

Pour fêter les cent ans de sa naissance, la Maison Rouge explore son utilisation dans l'art. Bleu, vert, rouge, rose, blanc, depuis jeudi, ses murs vibrent sous les lumières.

Si certains artistes se servent du néon comme médium pour leurs oeuvres abstraites et géométriques (les ronds ou carrés se suffisent alors à eux même) comme c'est le cas pour François Morellet ou Dan Flavin d'autres l'utilisent pour dessiner une trajectoire ou un mouvement comme par exemple la "Fumée Blanche" de Pierre Malphettes. 

Mais tout au long du parcours on remarque surtout que le mot et le néon font bon ménage. Cette lumière sinueuse devient alors une véritable trace lyrique. Quelque soient leur sens, les mots écrits au néon sont impactant comme par magie. Claude Lévêque nous dit de "REVEZ!", Jason Rhoades ouvre un livre sans écriture que surplombent ses grappes de mots tandis que Jean Michel Aberola nous dit simplement "Rien".

Parfois trop c'est trop. Ce néon si fragile se casse comme dans l'installation de Fritz Panzer. Alors le rêve s'arrête, la ballade nocturne s'achève. La lumière s'éteint.

"Néon, Who's afraid of red yellow and blue?" à la Maison Rouge jusqu'au 20 Mai.

10 bd de la Bastille, Paris 11.