Art & Culture
L'oeuvre obsessionnelle de Yayoi Kusama au Centre Pompidou
Le Centre Pompidou rend hommage à l'artiste japonaise inclassable Yayoi Kusama à travers une rétrospective rassemblant une cinquantaine oeuvre réalisées entre 1949 et 2011. Un ensemble poignant et touchant; à la fois avant-gardiste et en marge des grands mouvements du XXème siècle.
Tout à commencé pour Yayoi Kusama dans son enfance lorsqu'elle vécue une hallucination autour de la table familiale : les fleurs rouges de la table se sont multipliées à l'infini du sol au plafond. "Toute la pièce, tout mon corps en seront pleins; moi-même je m'acheminerai vers l'auto-anéantissement, vers un retour, vers une réduction dans l'absolu de l'espace et dans l'infini d'un temps éternel". Bienvenue dans l'univers singulier de Yayoi dont le travail un brin psychédélique est basé avant tout sur la disparition du corps.
Le parcours chronologique de l'exposition permet de découvrir les différentes formes d'art de l'artiste. Malgré une formation classique à l'Ecole d'art de Kyoto, l'artiste commence rapidement ses expérimentations et le motif du pois réccurent dans son oeuvre apparait dès 1950. De 1953 à 1978, l'artiste quitte le Japon de l'après Hiroshima pour New York. Au vide métaphysique de ses monochromes succède l'obsession du plein. Proche de Donald judd ou d'Andy Warhol elle se réapproprie des objets du quotidien en les hérissant de phallus ou entame des collections d'étiquettes ou de billets verts. Quelques années après elle invente ses fameuses installations "Dots", sorte de matrices mettant en oeuvre son concept de Self Obliteration : la mise en abyme de son image grâce aux miroirs, la fragmentation de son propre monde. Au même moment, à travers ses performances, l'artiste combat ses angoisses de désincarnation du corps par la nudité.
A partir de 1973 lors de son retour au japon, son mal être lui devient tellement insupportable qu'elle rentre dans un hôpital psychiatrique ou elle est encore. Elle continue néanmoins à travailler. Sa chambre de méditation imitant le cosmos est une expérience incontournable et vertigineuse de l'exposition.
Jusqu'au 9 janvier
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